Pour la « onzième nuit consécutive » selon Washington, les Etats-Unis ont lancé mardi soir une nouvelle salve de frappes en Iran. Ce regain des hostilités au Moyen-Orient n’en finit plus de faire remonter les cours du pétrole et du gaz sur fond de crainte d’un blocage durable des exportations d’hydrocarbures de la région.
Mercredi, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale pour le prix du pétrole, est repassé au-dessus de 95 dollars pour la première fois depuis près de six semaines. Après être monté jusqu’à 95,47 dollars, le prix du baril pour livraison en septembre gagnait plus de 3 % vers 13 heures, à 94,40 dollars. Poursuivant sa hausse, en prenant 0,83 % ce jeudi, il a atteint les 96,33 dollars vers 8 heures.
Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison le même mois, dont c’était le premier jour d’utilisation comme contrat de référence, prenait 3,23 %, à 87,33 dollars mercredi. Ce jeudi, après une hausse de 0,43 %, il a atteint les 88,27 dollars vers 8 heures.
TotalEnergies plafonne à nouveau ses prix
En début d’après-midi, en raison de cette hausse des prix, TotalEnergies a annoncé remettre en place le plafonnement du prix des carburants qui était en vigueur jusqu’en juin 2026 dans ses stations-service en France hexagonale. Le groupe pétrolier précise ainsi que les prix seront plafonnés à 1,99 euro/litre pour l’essence et 2,25 euros/litres pour le diesel.
Cette nouvelle poussée des cours reflète l’inquiétude croissante des marchés face au risque d’un nouveau blocage durable des exportations d’hydrocarbures de la région, alors que la perspective d’un apaisement diplomatique paraît s’éloigner. Le président américain, Donald Trump, a notamment déclaré que les Etats-Unis n’en avaient « pas fini du tout » avec l’Iran.
Les frappes actuellement menées par les Etats-Unis ont pour objectif, selon Washington, d’affaiblir la capacité de l’Iran à menacer le trafic maritime commercial dans le détroit d’Ormuz. Le contrôle de la navigation dans ce passage stratégique est un point de contentieux majeur entre les deux pays et, selon le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, autoriser l’Iran à le contrôler créerait un « dangereux précédent ».
VIDEO – Comment se fixe le prix du pétrole ?
La menace houthiste
Autre facteur de tension, les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran, ont annoncé lundi un blocus maritime de l’Arabie saoudite. Depuis, « trois pétroliers saoudiens à destination de la Chine et de l’Inde auraient fait demi-tour » pour éviter le détroit de Bab El-Mandeb (au large du Yémen), préférant se diriger vers le canal de Suez, souligne Tamas Varga, analyste chez PVM.
A cela s’ajoute la décision de la Russie, le 8 juillet, d’interdire ses exportations de gazole. L’important producteur de gazole a expliqué cet arrêt par la nécessité de faire face aux pénuries de carburant dans le pays, provoquées par les frappes ukrainiennes sur ses raffineries. Une décision qui pèse particulièrement sur le diesel.
Pour les experts du secteur, cette nouvelle escalade du conflit accentue la pression sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Des navires se retrouvent à nouveau pris au piège dans le golfe Persique et « les risques d’inflation augmentent chaque jour », alerte également Kathleen Brooks, analyste chez XTB.
En ce qui concerne le gaz, la hausse des prix s’explique aussi par une combinaison de facteurs saisonniers. Le remplissage des réserves européennes avant l’hiver s’effectue actuellement et « coïncide avec la hausse des besoins en électricité en Asie pour la climatisation pendant les mois d’été », explique Jonathan Schroer, analyste chez UniCredit. La compétition pour l’acquisition de gaz fait donc grimper les cours, alors que les exportations en provenance du Qatar sont bloquées.

